Formation infirmière

Sommaire

Profession essentiellement féminine, puisque 88 % des diplômés sont des femmes, le métier d'infirmier(ère) est essentiel au sein d'une équipe soignante. Les infirmier(ères) exercent essentiellement dans le secteur sanitaire public ou privé, seulement 12 % d'entre eux(elles) travaillent en libéral. La France compte environ 638 000 infirmier(ères), ce qui correspond à environ 9,1 infirmiers pour 1 000 habitants contre 13 pour 1 000 en Allemagne ou 15,5 aux Pays-Bas. Quel est le rôle d'un(e) infirmier(ère), quelle formation suivre pour pratiquer ce métier ? Toutes les réponses dans notre article.

Rôle de l'infirmier(ère)

L'infirmier(ère) donne des soins infirmiers sur prescription médicale ou dans le cadre de son propre rôle. Il/elle participe aussi à différentes actions dans le cadre de la prévention, de l'éducation, de la santé, de la formation ou de l'encadrement.

Dans le cadre de son rôle propre, l'infirmier(ère) donne des soins liés aux fonctions d'entretien et de continuité de la vie en visant à compenser une perte de l'autonomie :

  • Pour cela, il/ elle définit les besoins de la personne, pose un diagnostic infirmier, formule des objectifs de soins et mets en place les actions nécessaires, puis procède à une évaluation déterminant si les objectifs sont atteints ou s'ils doivent être redéfinis.
  • Il/elle procède à l'élaboration de protocoles de soins infirmiers et doit gérer le dossier infirmier.
  • Toujours dans le cadre de son rôle propre, l'infirmier(ère) peut travailler en collaboration avec l'aide-soignant(e) dont elle est responsable et contribue aux soins d'hygiène, de confort et de sécurité nécessaires au bon état de santé du patient.

L'article L. 4311-1 du Code de la santé publique (CSP) crée la possibilité pour un infirmier ou une infirmière d’adapter la posologie de certains traitements pour une pathologie donnée dans des conditions fixées par le décret n° 2021-115 du 3 février 2021.

D'une manière générale, l'infirmier(ère) répond à un référentiel d'activités défini par le décret n° 2004-802 du 29 juillet 2004 relatif aux parties IV et V (dispositions réglementaires) du code de la santé publique et modifiant certaines dispositions de ce code. Ce référentiel d'activités liste les actions que l'infirmier(ère) peut effectuer avec ou sans prescription médicale.

Le décret n° 2021-980 du 23 juillet 2021 permet au personnel infirmier d'un établissement de santé ou d'un établissement ou service social et médico-social (ESSMS) de déléguer aux aides-soignants et auxiliaires de puériculture la réalisation des soins courants de la vie quotidienne. Ces soins sont définis comme étant « liés à un état de santé stabilisé ou à une pathologie chronique stabilisée et qui pourraient être réalisés par la personne elle-même si elle était autonome ou par un aidant » (article R. 4311-4 du Code de la santé publique). 

D'autre part, le décret n° 2016-1605 du 25 novembre 2016, paru au Journal officiel le 27 novembre 2016, offre enfin un Code de déontologie à la profession. Ce code reprend l'ensemble des droits et des devoirs des infirmiers et se substitue à des règles professionnelles inchangées depuis 1993. Il marque la reconnaissance d'une profession. Il clarifie, entre autres, les relations avec les patients, les autres professionnels et les membres de cette même profession, notamment en ce qui concerne l'installation des libéraux.

Formation infirmier(ère) : quelles études ?

L'exercice de la profession d'infirmier(ère) nécessite d'être titulaire du diplôme d'État d'infirmier qui se prépare dans un institut de formation en soins infirmiers (IFSI), agréé par l'Agence régionale de santé (ARS). Pour accéder à cette formation, il faut avoir le baccalauréat ou un niveau bac (obtenu après avoir réussi un examen prévu par l'ARS) et être admis selon le dispositif de sélection.

À noter : l'accès à l'IFSI a connu une importante réforme en 2019 (arrêté du 13 décembre 2018). Depuis la rentrée 2019, le concours d'entrée à l'IFSI est supprimé pour les néo-bacheliers, les étudiants universitaires et les personnes bachelières en réorientation. L'admission passe désormais par la formulation des vœux depuis la plateforme Parcoursup et une sélection sur dossier. Les candidats éligibles par la voie professionnelle peuvent quant à eux candidater sans passer par Parcoursup.

Une fois l'admission déclarée, la formation se déroule sur 3 années, soit 6 semestres de 20 semaines chacun. La formation prévoit 4 200 heures de formation distribuées en 2 100 heures d'enseignements théoriques et 2 100 heures de stage pratique, soit 7 stages réalisés au cours des trois années de formation.

En cours de formation, les élèves ont droit à 5 semaines de congés par an. L'enseignement théorique comprend 6 unités d'enseignement (UE) dispensées sous forme de cours magistraux, mais aussi de cours pratiques. On retrouve :

  • des sciences humaines, sociales et du droit ;
  • des sciences biologiques et médicales ;
  • des sciences et techniques infirmières : fondements et méthodes ;
  • des sciences et techniques infirmières : interventions ;
  • des intégrations, des savoirs et une posture professionnelle infirmière ;
  • des méthodes de travail (TIC et anglais).

Les stages ont une durée de 60 semaines réparties graduellement. L'étudiant effectue 15 semaines la première année, puis 20 semaines la deuxième année et enfin 25 semaines durant sa troisième année. Les terrains de stages sont divers et variés, ils appartiennent au milieu hospitalier, mais aussi au milieu extra-hospitalier comme les centres de soins infirmiers libéraux, les crèches, les établissements scolaires, les entreprises, les établissements d'hébergement pour personnes âgées...

Chaque unité d'enseignement fait l'objet d'une validation spécifique, ainsi que chaque stage. Pour pouvoir se présenter au diplôme d'État, l'étudiant doit avoir obtenu la moyenne à chacune des épreuves antérieures. Le diplôme d'État se valide par le biais de deux épreuves :

  • un travail de fin d'études ou mémoire qui sera soutenu par le candidat devant un jury ;
  • une évaluation des compétences d'une durée de 2 à 4 h.

Bon à savoir : à partir de la rentrée scolaire 2018, il est prévu pour les étudiants inscrits dans les formations donnant accès aux professions de santé un service de sanitaire de 3 mois (décret n° 2018-472 du 12 juin 2018 relatif au service sanitaire des étudiants en santé). Inclus dans les programmes des formations concernées, ce service se substitue à des activités pédagogiques ou à des stages existants et doit permettre de diffuser sur le territoire des actions de prévention menées par les étudiants auprès de publics fragiles.

Le décret n° 2018-629 du 18 juillet 2018 a posé les bases du métier d'infirmier en pratique avancée (IPA) prévu par la loi de modernisation du système de santé. L'infirmier en pratique avancée est un professionnel de santé à mi-chemin entre l'infirmier et le médecin. Le diplôme d'État d'infirmier en pratique avancée s'obtient après un master, accessible après 3 années d'activité. Les premières formations ont été proposées à compter de la rentrée 2018-2019.

Les domaines d'intervention ouverts à l'exercice d’infirmier en pratique avancée sont (article R. 4301-2 du Code de la santé publique, tel qu'issu du décret n° 2019-835 du 12 août 2019) :

  • certaines pathologies chroniques stabilisées ;
  • oncologie et hémato-oncologie ; 
  • maladies rénales chroniques, dialyses, transplantations rénales ;
  • psychiatrie et santé mentale.

Quel salaire pour un(e) infirmier(ère) ?

En France, en début de carrière, le salaire moyen d'un(e) infirmier(ère) est de 1 600 € net, ce qui est très bas par rapport aux autres pays. Le salaire peut évoluer en fonction de l'ancienneté pour être d'environ 2 600-2 800 € en fin de carrière.

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